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REFLETS ESSEC MAGAZINE | numéro 56 | Avril-Mai
2004
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Fonds
d’investissement et groupes familiaux non cotés : un marché gagnant/gagnant Hera Finance : Banque
d’affaires indépendante dirigée par Franck
S. Giaoui. En sept ans, elle a transformé 85 %
de ses mandants en une vingtaine de transactions, pour un montant cumulé de
plus de 310 m€. Hera Finance concentre son activité
autour des opérations de haut de bilan : fusions, acquisitions, cessions ;
placements privés ; LBO et LMBO; accompagnement stratégique. Fonds d’investissement et groupes familiaux
non cotés : un marché gagnant/gagnant Les pactes d’actionnaires signés à
l’occasion de l’entrée d’investisseurs financiers dans le capital d’une
entreprise stipulent presque toujours une clause de liquidité pour ces
investisseurs. La mise en oeuvre d’une telle clause
peut s’avérer particulièrement délicate dans le cas des entreprises
familiales. Pour ce faire, le dirigeant et actionnaire majoritaire a tout intérêt à s’adjoindre les services d’un conseil
financier intervenant aux côtés de son conseil juridique. Un mandat confié à
une banque d’affaires, lui offrira la maîtrise stratégique et financière de
ce genre de transaction et une relation personnelle à haut niveau. Même si
cela n’est pas explicite dans le mandat, il s’agit d’abord de s’imprégner de
la culture de l’entreprise. Il faut du temps et de l’humilité au conseil
externe pour gagner la confiance du dirigeant, et travailler efficacement
avec lui, sans jamais se substituer à lui. Une banque d’affaires indépendante
adopte naturellement cette approche des choses. Elle est d’ailleurs d’autant
plus crédible auprès d’un groupe familial qu’elle est elle-même dirigée par
un entrepreneur. Dans le cadre de son mandat, le banquier conseil doit
négocier avec les investisseurs financiers les conditions de leur sortie. La
transaction intervenant de gré à gré, il faut créer un marché ex-nihilo. Mettre en oeuvre
une valorisation multicritère de la société relève d’un formalisme technique
assez complexe. Souvent, aucune des méthodes traditionnelles ne permet à elle
seule de tomber d’accord sur la valorisation de l’entreprise. La
méthode « d’entrée/sortie » Pour éviter les « discussions de
marchands de tapis », il faut trouver une méthode à la fois objective,
endogène et qui mette tout le monde d’accord. C’est ainsi que nous avons
proposé la méthode « entrée/sortie »: elle consiste à calculer les multiples
de valorisation opérationnels et financiers implicites lors de l’entrée au
capital des investisseurs, et à les appliquer aux mêmes agrégats d’aujourd’hui
pour obtenir la valorisation correspondante. Cette méthode permet de réduire
l’écart entre les exigences des deux parties, en rassurant l’acheteur tout en
garantissant au vendeur un taux de rendement interne suffisant. Avec un écart
résiduel de moins de 30 % la négociation est débloquée et elle peut se
conclure en fonction de la volonté réelle des parties. En parallèle, il est nécessaire de mettre
en place le financement du rachat des minoritaires. C’est une phase délicate
dans la mesure où elle nécessite de connaître le marché des banques
commerciales, et de les mettre en concurrence tout en préservant la qualité
de la relation avec les interlocuteurs habituels. Cela suppose d’accompagner
le dirigeant dans la mise en valeur des atouts de son entreprise : structure
financière saine, perspectives de croissance rentable… L’objectif est double:
obtenir un très bon taux d’intérêt ainsi que des sûretés raisonnables. Au-delà de sa maîtrise technique et de
son expérience de la négociation, la valeur ajoutée du banquier d’affaires
réside donc essentiellement dans la création d’un marché lorsqu’il n’en
existe pas naturellement, comme c’est souvent le cas pour les actions
d’entreprises familiales. Cela est vrai tant en mandat acheteur (cas décrit
ci-dessus) qu’en mandat vendeur ou en placement privé. Par ailleurs, beaucoup de chefs
d’entreprise familiale hésitent à faire entrer des fonds d’investissement
dans leur capital. Soit ils souhaitent rester seuls maîtres à bord, soit ils
craignent que leurs actionnaires financiers ne les obligent à entrer en
Bourse ou à céder à un industriel pour assurer la liquidité de leur
investissement. Notre expérience montre que ces possibilités de sortie pour
les investisseurs financiers ne sont pas les seules. L’actionnaire majoritaire
et dirigeant d’une entreprise familiale saine peut ainsi financer sa
croissance, rester indépendant, et, dans le même temps, assurer aux fonds une
liquidité rentable de leur investissement. |